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Posé en 2015, votre détecteur de fumée a peut-être fait son temps : retournez-le pour lire sa date

Beaucoup de détecteurs de fumée ont été posés au début de 2015, quand la loi les a rendus obligatoires. Onze ans plus tard, une partie arrive au bout de sa vie, parfois sans prévenir. Un bouton à presser une fois par mois et une date imprimée au dos de l'appareil suffisent à faire le point.

Un homme souriant, appuyé sur un escabeau, presse le bouton de test d'un détecteur de fumée blanc fixé au plafond d'un couloir
IllustrationLe test mensuel tient en quelques secondes : un appui sur le bouton du détecteur

L'essentiel en 30 secondes

  1. Depuis le 8 mars 2015, chaque logement doit avoir au moins un détecteur de fumée marqué CE et conforme à la norme NF EN 14604.
  2. Le propriétaire l'installe, l'occupant l'entretient et le remplace. En meublé ou en location saisonnière, tout revient au propriétaire.
  3. Testez-le une fois par mois avec son bouton et remplacez-le dix ans après sa date de fabrication, comme le conseille la NFPA.
Sommaire
  1. Une obligation qui a fêté ses onze ans
  2. Propriétaire, locataire : qui fait quoi
  3. Le bon endroit : le couloir des chambres
  4. Une fois par mois, on appuie sur le bouton
  5. Dix ans, et la date est écrite au dos
  6. Vos questions

Il dort au plafond du couloir, et on finit par ne plus le voir. Certains se rappellent à vous par un bip aigu à 3 heures du matin, le jour où la pile faiblit. D'autres se taisent pour de bon, et personne ne s'en aperçoit. Or un détecteur muet ne protège personne, et ce petit boîtier blanc n'est pas éternel.

Une obligation qui a fêté ses onze ans

La loi du 9 mars 2010 a rendu le détecteur autonome avertisseur de fumée, le fameux DAAF, obligatoire dans tous les lieux d'habitation à compter du 8 mars 2015. Les règles figurent aujourd'hui aux articles L142-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation. Le principe tient en une ligne : au moins un détecteur par logement, maison comme appartement. Elle rejoint la liste des obligations de sécurité du logement, aux côtés du ramonage des conduits de cheminée.

Les chiffres qui l'ont motivée parlent d'eux-mêmes. En France, un incendie se déclare toutes les deux minutes et cause de 600 à 800 décès par an, rappelait le ministère du Logement en 2013, en réponse à un député. Surtout, 70 % des incendies mortels se produisent la nuit. Les fumées apparaissent très vite, mais elles ne réveillent pas : un grand nombre de victimes meurent asphyxiées pendant leur sommeil. Le détecteur, lui, émet un signal sonore assez fort pour tirer quelqu'un du lit.

Propriétaire, locataire : qui fait quoi

La répartition est fixée par les textes, et Service-public.fr la résume sans détour. Le propriétaire installe le détecteur. L'occupant, qu'il soit locataire ou propriétaire, l'entretient et le remplace si besoin. Lors de l'état des lieux d'entrée, le bailleur vérifie qu'il fonctionne.

Dans certains logements, le propriétaire garde tout à sa charge, de l'installation au renouvellement : les locations meublées, les locations saisonnières, les logements de fonction, les résidences hôtelières à vocation sociale et une partie des logements-foyers.

Côté assurance, l'occupant doit signaler à son assureur que le logement est équipé, avec une attestation. Et une idée reçue tombe. En cas d'incendie, l'assureur ne peut pas refuser d'indemniser au motif qu'il n'y avait pas de détecteur. Il peut seulement réduire l'indemnisation s'il prouve que cette absence a aggravé le sinistre.

Le bon endroit : le couloir des chambres

Le détecteur se pose de préférence dans la circulation ou le dégagement qui dessert les chambres, un palier ou un couloir. Logique, puisqu'il doit réveiller ceux qui dorment. Il se fixe solidement au plafond. Dans un studio, Service-public.fr conseille de l'éloigner le plus possible de la cuisine et de la salle de bains, dont la vapeur et les fumées de cuisson peuvent déclencher l'alarme pour rien.

Un seul appareil suffit pour respecter la loi. Pour une maison à étage ou une grande surface, Service-public.fr recommande toutefois un détecteur par niveau, voire plusieurs. Inutile de faire appel à un professionnel : l'INC rappelle qu'il n'existe ni installateur agréé par l'État ni diplôme d'installateur reconnu. Méfiez-vous donc d'un démarcheur qui se présenterait comme « agréé ».

Gros plan sur les mains d'une jeune femme qui tiennent un détecteur de fumée retourné pour lire l'étiquette au dos, au-dessus d'une table
IllustrationLa date de fabrication figure en général au dos de l'appareil

Une fois par mois, on appuie sur le bouton

La loi ne fixe pas de calendrier d'entretien. La National Fire Protection Association (NFPA), l'organisme américain qui rédige les normes de sécurité incendie outre-Atlantique, recommande de tester ses détecteurs au moins une fois par mois, avec le bouton prévu à cet effet. Quelques secondes d'appui, une sirène stridente, et c'est réglé. S'il ne réagit pas correctement, la NFPA conseille de le remplacer sans attendre.

Un bip bref qui revient à intervalles réguliers signale en général une pile en fin de course. Pour le dépoussiérage, suivez la notice du fabricant, qui indique aussi le type de pile à utiliser.

Dix ans, et la date est écrite au dos

Un détecteur n'est pas conçu pour durer toujours. D'après le Journal du Net, la Fédération française des métiers de l'incendie situe sa durée de vie autour de dix ans. La NFPA recommande de remplacer tous les détecteurs dix ans après leur date de fabrication, et non après leur date d'achat ou de pose. Cette date figure en général au dos de l'appareil : il suffit de le décrocher de son socle pour la lire.

Le calcul est vite fait. Un modèle fabriqué en 2014 ou au tout début de 2015, pour tenir l'échéance légale, a franchi le cap des dix ans. Le ministère du Logement nuance, toujours selon le Journal du Net : la norme impose une autonomie minimale d'un an, et tous les modèles ne sont pas limités à dix ans. Les modèles à pile scellée, eux, se remplacent en entier quand la pile s'épuise. Dans le doute, la notice fait foi.

Pour le remplaçant, vérifiez le marquage CE accompagné de la référence à la norme NF EN 14604, obligatoire. Les détecteurs à ionisation sont interdits. Le gouvernement recommande en plus de privilégier les appareils certifiés NF, une démarche volontaire mais plus contrôlée. La prudence se justifie : lors de son enquête de 2013 et 2014, la DGCCRF a fait retirer et rappeler près de 75 000 détecteurs issus de lots jugés non conformes et dangereux.

Vos questions

Je suis locataire et le détecteur ne marche plus : qui le remplace ?

Vous, en principe. Selon Service-public.fr, l'occupant assure l'entretien et le remplacement si besoin. Sauf en meublé, en location saisonnière ou en logement de fonction, où tout revient au propriétaire.

Un seul détecteur suffit-il dans une maison à étage ?

Légalement, oui. Mais Service-public.fr recommande d'en placer un par étage, pour que l'alarme s'entende depuis toutes les chambres.

Nos sources

  • Service-public.fr (DILA), « Détecteur de fumée : sécurité incendie dans le logement », page vérifiée le 13 mai 2026
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L142-1 à L142-4 et R142-1 à R142-5
  • Assemblée nationale, question écrite n° 24926 de Philippe Goujon, réponse du ministère de l'Égalité des territoires et du Logement publiée au Journal officiel le 24 septembre 2013
  • Assemblée nationale, question écrite n° 75571 de Jean-Claude Mathis, réponse ministérielle sur l'obligation du 8 mars 2015 et les contrôles de la DGCCRF (XIVe législature)
  • Institut national de la consommation (INC), « Détecteur de fumée : comment l'installer et l'entretenir », 25 avril 2022
  • National Fire Protection Association (NFPA), recommandations sur les détecteurs de fumée : test mensuel, remplacement dix ans après la fabrication
  • Journal du Net, « En 2025, votre détecteur de fumée a de grandes chances d'être périmé », 18 février 2025 (propos de la Fédération française des métiers de l'incendie et du ministère du Logement)

Article vérifié avant publication

Relecture et vérificationHélène Vasseur, le

Les chiffres, dates et recommandations de cet article ont été contrôlés à partir des sources listées ci-dessus. Les images qui l'accompagnent sont des illustrations.

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