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Pourquoi l'ADEME conseille 22 °C dans la salle de bains le temps de la douche, mais 17 °C dans la chambre

Un degré de moins, c'est environ 7 % d'énergie de chauffage économisée, selon l'ADEME. Encore faut-il savoir dans quelle pièce le retirer, et à quelle heure. Le thermostat programmable s'en charge très bien, à condition que quelqu'un lui ait expliqué la vie de la maison.

Une grand-mère et son petit-fils rient en partageant un thé sous un plaid, dans un salon lumineux au radiateur dégagé sous la fenêtre
IllustrationAu salon, l'ADEME vise 19 °C, avec un radiateur que rien ne cache

L'essentiel en 30 secondes

  1. Selon l'ADEME : 19 °C dans les pièces de vie occupées, 17 °C dans la chambre la nuit, 22 °C dans la salle de bains le temps de s'en servir
  2. Baisser de 1 °C, c'est environ 7 % d'énergie de chauffage économisée, et un thermostat programmable peut faire gagner jusqu'à 15 %
  3. Un radiateur dégagé et purgé chauffe mieux, et des volets fermés le soir gardent la chaleur dans la pièce
Sommaire
  1. La chambre plus fraîche que le salon, la salle de bains plus chaude
  2. Pourquoi un seul degré pèse 7 % sur le chauffage
  3. Le thermostat programmable n'oublie jamais la baisse de nuit
  4. Le radiateur caché derrière le canapé chauffe surtout le canapé
  5. 19 °C au thermostat, 16,5 °C ressentis
  6. Vos questions

Premier matin frais d'octobre. On pousse le thermostat d'un cran, puis plus personne n'y touche jusqu'en avril. Le couloir, la chambre d'amis et la salle de bains vide reçoivent alors les mêmes égards que le canapé. L'ADEME ne donne pourtant pas un chiffre unique pour toute la maison. Elle dessine une carte, pièce par pièce et heure par heure.

La chambre plus fraîche que le salon, la salle de bains plus chaude

Dans son guide « Comment passer un hiver tout confort ? » (décembre 2025), l'Agence de la transition écologique retient ces repères :

  • pièces de vie (salon, bureau) : 19 °C quand elles sont occupées, 16 à 17 °C quand elles sont vides ;
  • chambre : 17 °C la nuit et quand personne n'y est ;
  • chambre d'enfant : 19 °C quand elle est occupée en journée, 17 °C la nuit ;
  • salle de bains : 22 °C pendant qu'on l'utilise, 16 à 17 °C le reste du temps.

Ces écarts ont leur logique. Au salon, on passe des heures assis sans bouger, et un corps immobile produit peu de chaleur. Au lit, la couette emprisonne une couche d'air que vous réchauffez vous-même, si bien que l'air de la chambre n'a pas besoin d'être tiède pour que vous le soyez.

La salle de bains est l'exception qui surprend. À la sortie de la douche, l'eau qui s'évapore sur la peau emporte de la chaleur, comme la sueur qui rafraîchit un coureur en été. D'où ces 22 °C, à ne pas maintenir toute la journée pour une serviette qui sèche.

Pourquoi un seul degré pèse 7 % sur le chauffage

Un logement perd sa chaleur comme une tasse de thé posée sur la table : plus l'écart avec ce qui l'entoure est grand, plus elle refroidit vite. Chaque degré retiré à l'intérieur réduit l'écart avec le dehors, à toutes les heures de la saison de chauffe.

Selon l'ADEME, baisser la température de 1 °C, c'est 7 % d'énergie économisée pour le chauffage. C'est une estimation moyenne, qui varie selon le logement, mais elle porte sur le plus gros poste de la maison. D'après le service statistique du ministère (SDES), 66 % de l'énergie consommée dans les logements sert au chauffage. Passer de 19 à 21 °C, c'est faire jouer la règle dans l'autre sens, deux fois.

Le thermostat programmable n'oublie jamais la baisse de nuit

Bien réglé, un thermostat programmable a une qualité rare chez les humains : il n'oublie jamais de baisser le chauffage. Une évaluation du CSTB et du COSTIC, publiée en 2020 pour l'ADEME et GRDF et citée par l'agence, lui attribue jusqu'à 15 % d'économies d'énergie. Dans la version facile à lire de son guide (septembre 2026), l'agence propose par exemple 19 °C quand vous êtes là, 16 °C pendant le travail et 16 °C la nuit.

Laissé en mode manuel, consigne bloquée sur un seul chiffre, il redevient un thermostat ordinaire avec un joli écran. Il tient la même température jour et nuit, sans la baisse qui fait l'économie. S'il n'est pas connecté, vérifiez aussi qu'il est passé à l'heure d'hiver le 25 octobre, sinon il relancera le chauffage une heure trop tôt. Notre guide du changement d'heure liste les autres appareils à remettre à l'heure.

Un argument ressort chaque hiver : remonter la température le matin coûterait plus cher que de la maintenir. C'est faux, du moins avec une chaudière ou des radiateurs électriques classiques. Reprenez la tasse de thé. À 16 °C, la maison fuit moins vite qu'à 19 °C, et sur la nuit entière, remontée comprise, elle a perdu moins de chaleur au total. Avec un plancher chauffant, très lent à réagir, ou une pompe à chaleur, suivez d'abord la notice ou l'installateur.

Pour quelques jours d'absence, l'agence suggère par exemple 16 °C. Au-delà, passez en mode hors gel, qui ne relance le chauffage que si la température tombe très bas (l'ADEME cite 7 °C en exemple), et coupez le chauffe-eau.

Gros plan sur une main qui tourne la tête thermostatique d'un radiateur blanc placé sous une fenêtre ensoleillée
IllustrationUne tête thermostatique vise une température, pas une puissance

Le radiateur caché derrière le canapé chauffe surtout le canapé

Un radiateur classique chauffe en bonne partie en mettant l'air en mouvement. L'air réchauffé monte, l'air plus frais du sol prend sa place, et une boucle s'installe dans la pièce. Un canapé collé devant, un rideau qui retombe ou une rangée de chaussettes suffisent à la casser. L'ADEME demande de laisser les radiateurs libres et de ne pas y faire sécher le linge, dont l'humidité peut finir en buée sur les vitres au réveil. Sur un radiateur électrique, l'enjeu touche aussi à la sécurité, puisqu'un appareil couvert peut surchauffer.

Les volets, fermés dès la tombée de la nuit, peuvent réduire jusqu'à 55 % les pertes de chaleur par les fenêtres, selon une publication de l'organisation européenne de la protection solaire (ES-SO) citée par l'ADEME. Le jour, quand le soleil donne, on ouvre grand volets et rideaux pour profiter du seul chauffage qui n'arrive sur aucune facture.

Quant au radiateur à eau froid en haut et chaud en bas, il cache une poche d'air qui empêche l'eau chaude de circuler. Notre pas-à-pas pour purger ses radiateurs en vient à bout en quelques gestes.

19 °C au thermostat, 16,5 °C ressentis

Un logement réglé à 19 °C peut paraître franchement froid. D'après l'ADEME, le ressenti peut alors tomber à 16,5 °C, à cause des parois froides et des courants d'air. Le corps échange de la chaleur avec l'air, mais aussi par rayonnement avec les murs et les vitres. Devant un feu de cheminée, on a chaud au visage même dans une pièce fraîche. Près d'une grande baie vitrée mal isolée, c'est l'inverse : la peau rayonne vers une surface froide qui lui en renvoie bien moins.

Pour l'agence, seule l'isolation règle vraiment le problème. En attendant, avant de pousser le thermostat, traquez les courants d'air (bas de porte, joints, trappe de cheminée fermée quand il n'y a pas de feu), sans jamais boucher les entrées d'air ni les bouches de ventilation. Visez aussi une humidité de l'air entre 40 et 60 %, la plage que retient l'ADEME, et aérez tout de même dix minutes par jour, radiateurs coupés le temps d'ouvrir.

Vos questions

Faut-il couper le chauffage dans une pièce inutilisée ?

L'ADEME conseille de ne chauffer que les pièces occupées et de fermer la porte des autres. Pour une chambre vide, elle retient cependant 17 °C. Une pièce laissée trop fraîche a souvent les murs les plus froids de la maison, ceux où l'humidité se condense en premier.

Et avec un bébé ou une personne âgée ?

La réglementation tient compte des besoins de santé des occupants et admet alors 22 °C de moyenne. L'Organisation mondiale de la santé retient, dans ses lignes directrices de 2018 sur le logement et la santé, qu'au moins 18 °C protègent la population générale en hiver. Pour un nourrisson, une personne âgée ou malade, l'avis du médecin ou du pédiatre passe avant le thermostat.

Nos sources

  • ADEME, « Comment passer un hiver tout confort ? », collection Clés pour agir, décembre 2025
  • ADEME, « Comment passer un hiver au chaud ? », version Facile à lire et à comprendre, septembre 2026
  • ADEME, infographie « Comment se chauffer mieux ? », décembre 2020
  • Code de l'énergie, article R241-26 (limitation de la température moyenne de chauffage), et arrêté du 25 juillet 1977 sur la limitation de la température de chauffage (cité par le ministère chargé du Logement)
  • Assemblée nationale, réponse du ministère chargé du Logement à la question écrite n° 4235 sur le chauffage dans les logements sociaux collectifs, Journal officiel du 24 octobre 2023
  • CSTB et COSTIC pour l'ADEME et GRDF, évaluation E-TRACING, 2020 (citée par l'ADEME)
  • ES-SO (organisation européenne de la protection solaire), « La protection solaire pour des bâtiments durables et à basse consommation », février 2018 (cité par l'ADEME)
  • SDES (Service des données et études statistiques), Chiffres clés du logement, édition 2022
  • Organisation mondiale de la santé, lignes directrices sur le logement et la santé, 2018

Article vérifié avant publication

Relecture et vérificationHélène Vasseur, le

Les chiffres, dates et recommandations de cet article ont été contrôlés à partir des sources listées ci-dessus. Les images qui l'accompagnent sont des illustrations.

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